Schopenhauer et la volonté de vivre.

Bhava-tanha (en Pali), qui désigne la soif ou le désir de l'existence conditionnée, telle que nous la connaissons à présent, s'apparente à ce que Schopenhauer et Conze ont nommé la "volonté de vivre", à cette différence près que nous ne devons pas entendre ici la "volonté" comme quelque chose de conscient et de délibéré.  C'est une sorte de force qui nous pousse naturellement à continuer de vivre. D'après le bouddhisme, le désir d'immortalité pour soi-même après la mort n'est qu'une autre forme de ce bhava-tanha, ce désir de l'existence conditionnée.  C'est pourquoi le bouddhisme n'a pas une très haute opinion de ce désir d'immortalité personnelle. Ce que je veux dire, c'est que, dans le christianisme, quelqu'un qui se préoccupe très sérieusement de son immortalité est considéré comme une personne religieuse. Pour le bouddhisme, en revanche, cette personne-là est seulement victime du désir de l'existence conditionnée, même si celui-ci s'exprime dans ce cas sous une forme plus raffinée. Cela n'a rien de spirituel, dans le sens transcendental, cela ne représente pas la vie spirituelle dans son sens profond, c'est seulement une forme plus subtile d'attachement à la vie terrestre.

Bien sûr, il y a aussi vibhava-tanha, qui est le désir de non-existence. Il s'apparente un peu à la "pulsion de mort" selon Freud. C'est une réaction au désir déçu de l'existence, une sorte de dégoût pour une existence qui ne nous satisfait pas mais ce n'est pas une façon intelligente de mettre de côté cette existence. C'est un peu comme si quelqu'un qui était en train de perdre une partie d'échecs, au lieu d'accepter sa défaite, renversait les pièces de l'échiquier! Selon le bouddhisme, cela n'est d'aucune utilité car l'on subira une nouvelle renaissance, et dans une vie sans doute pire que la précédente. Le suicide ne peut être une solution.

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© Centre Bouddhiste de l’Ile de France 2004.

 

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Dernière mise à jour:
20 juillet, 2008.