On rapporte que lorsque l'on demanda à Mozart ce qui était le plus important dans sa musique, il répondit: "les silences". Dans sa Symphonie n°25, il a noté un silence ; c'est comme si l'on était dans l'attente de quelque chose et que cette chose arrivait. C'est la montée d'un thème particulier qui semble exprimer l'expérience joyeuse faite par Mozart de ses pouvoirs de musicien, ou même, pourrait-on dire, de sa propre jeunesse, car il avait à peine dix-huit ans lorsqu'il composa cette symphonie. C'est sa première grande symphonie, la première vraie symphonie mozartienne, dans laquelle il met, ou il épanche ses sentiments et ses émotions les plus profonds. C'est comme une percée, le vrai Mozart apparaît. J'ai l'impression que c'est comme si le jeune Mozart se rendait compte, peut-être pour la première fois, qu'il était un génie, qu'il était meilleur que tous les autres; et l'on ressent cette sorte de triomphe et d'exaltation dans sa musique. Cela vient après le silence, comme s'il n'en était pas tout à fait sûr auparavant: il y a juste un instant d'hésitation, à peine un instant, et puis. il prend son essor vers le ciel. Alors que les autres musiciens tentent laborieusement de décoller en battant des ailes, lui sait qu'il est bien meilleur que n'importe qui, il sait son génie, et il s'en délecte vraiment, mais pas de façon égotiste; il se délecte de l'exercice de son génie, de l'expérience physique de son génie. Il est très intéressant d'observer un exemple de percée spirituelle en termes purement musicaux. Tout cela se passe à l'intérieur de lui, et la révélation se manifeste, s'exprime dans cette symphonie-là ; le plus remarquable, c'est que Mozart eut personnellement cette révélation alors qu'il n'avait que dix-huit ans et que c'était sa vingt-cinquième symphonie. Ce qui veut dire qu'il en avait déjà écrit vingt-quatre à l'âge de dix-huit ans.
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Dernière mise à jour:
04 avril, 2007.